Le match parfait : la nuit où Lionel Messi a conquis Manchester United et Rome

Personne n’avait l’habitude de parler de triplés à Barcelone. Malgré une illustre histoire, le club catalan a remporté sa première Coupe d’Europe en 1992 et sa première couronne en Ligue des champions en 2006. Ils étaient loin d’être habitués à être les meilleurs sur le continent, encore moins de manière régulière. Mais à l’été 2008, tout a changé. 
 
Pep Guardiola a pris la relève en tant qu’entraîneur et a immédiatement pris la décision courageuse de se passer de Ronaldinho, estimant que le brillant brésilien ne serait plus capable d’atteindre les sommets des années passées. Il avait sans aucun doute raison, Ronaldinho avait montré des signes de déclin au Camp Nou depuis un certain temps. Cependant, lorsqu’une porte s’est fermée, une autre s’est ouverte. Lionel Messi a ainsi hérité du numéro 10 de la star brésilienne. Logiquement.
 
La saison avait débuté dans l’incertitude, d’autant plus que le Barça s’était incliné face à Numancia lors de la première journée de Liga et avait ensuite fait match nul 1-1 à domicile face à Santander lors de la journée suivante. En coulisses, on ne s’affolait pas. On avait déjà le sentiment que Guardiola construisait quelque chose de spécial. Le mentor de Pep et ancien entraîneur, Johan Cruyff, écrivait d’ailleurs dans El Pais que le Barça avait joué « son meilleur match depuis de nombreuses années » contre le Racing, tandis qu’Andres Iniesta avait surpris son patron en frappant à la porte de son bureau et en lui disant : « Nous croyons en vous à 100%. Continuez de faire ce que vous faites. »

Guardiola a été stupéfait mais aussi touché qu’Iniesta, le membre le plus doué de son équipe à l’époque, ait pris une telle initiative. La conclusion ? Pep a continué avec vigueur ce en quoi il croyait – et son Barça n’a jamais regardé en arrière. Une victoire 6-1 face à Gijon marquait le début d’une série de 21 matches sans la moindre défaite en Liga. Et avec Messi en tête, les Blaugrana prenaient d’assaut les titres en remportant la Copa del Rey puis la Liga la même semaine. Cruyff et Iniesta avaient donc vu juste.
 Messi CL final 2009

Le but d’Iniesta à Stamford Bridge contre Chelsea avait également envoyé le Barça en finale de la Ligue des champions. Et à Rome, théâtre de la finale, Guardiola avait l’occasion de terminer sa première saison à la tête du club par un triplé fantastique. Jusque-là, Messi avait inscrit 37 buts, déjà 20 de plus que sa plus haute marque sur une saison (17 en 2006-07). Sous Pep, l’Argentin jouait plus près de la zone de vérité et profitait d’une super ligne de ravitaillement au milieu de terrain composée de Xavi, Iniesta et Sergio Busquets.
 
En finale, face au Manchester United de Cristiano Ronaldo, c’était leur moment. Le moment de Messi en particulier. L’équipe de Sir Alex Ferguson entamait le match plus fort, mais le club catalan commencait à s’installer et Samuel Eto’o ouvrait le score à la 10e minute. Rarement bougés par le club de Premier League, les Catalans pliaient le match 20 minutes plus tard. Presque au ralenti, Xavi lançait Messi d’une passe flottante et l’Argentin – qui était tout seul – se levait majestueusement pour inscrire, de la tête, le second but. Edwin van Der Sar ne pouvait que constater les dégâts.

Barcelona Champions League 2009

« Quand la passe de Xavi était dans les airs, je m’imaginais marquer le but et grâce à Dieu, il est rentré, a déclaré Messi des années plus tard. C’était un objectif important pour moi à bien des égards : pour l’équipe, avec la façon dont nous jouions cette finale, et pour moi. C’est l’un de mes buts préférés. » C’est aussi le but qui a marqué l’arrivée de Messi, annonçant ainsi son éclat au monde puisqu’il terminait aussi la saison avec 38 réalisations et un fabuleux triplé avec son club, remportant au passage, le Ballon d’Or.
 
« L’histoire nous a redonné le prestige que nous méritons, déclarait le président barcelonais, Joan Laporta, à l’issue du match. De son côté, Guardiola a simplement dit : « Il y a un an, je jouais pour la montée avec le Barca B. Je suis très chanceux d’avoir été choisi comme entraîneur, et aussi d’avoir ces joueurs. » Messi en particulier. Sans Leo,le technicien espagnol a souvent admis que son équipe n’aurait pas accompli tout ce qu’elle a conquis quatre saisons durant. Et alors que le Barça revient à Rome ce mardi soir, sur les terres de ce triomphe, cette fois pour y disputer un quart de finale retour de la Ligue des Champions contre la Roma, peu de choses ont finalement changé.

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